Aller au contenu
Menu
Dr Steven NahaisiChirurgie réfractive au laser à Paris

Technique

Et si le laser n’est pas possible : implant ICL et alternatives

La grande majorité des patients qui viennent me voir sont opérables au laser. Certains ne le sont pas. Une cornée trop fine, un kératocône débutant, une correction qui dépasse ce que le laser peut atteindre, une rétine ou un cristallin qui changent la donne. Quand c’est le cas, je le dis en consultation, j’explique pourquoi, et je vous montre ce qui reste possible.

Et si le laser n’est pas possible : implant ICL et alternatives

Dr Steven Nahaisi

Mis à jour en août 2026 · 35 min de lecture

Parce qu’il reste presque toujours quelque chose. L’implant phaque, qu’on appelle aussi ICL, corrige des amétropies que le laser ne peut pas traiter, sans toucher à la cornée. La chirurgie du cristallin avec implant répond à d’autres situations, quand l’âge ou une cataracte débutante entre en jeu. Et pour un kératocône, il existe toute une prise en charge, faite de surveillance, de contrôle des frottements et parfois de chirurgies cornéennes complémentaires, comme le cross-linking ou les anneaux intracornéens.

Sur cette page, j’explique pourquoi un œil peut ne pas être opérable au laser, ce que le bilan permet de dépister, comment fonctionne un implant phaque, dans quelles situations on passe par le cristallin, et ce que je fais quand je décide de ne pas opérer.

Sur cette page11 sections
  1. 02POURQUOI UN ŒIL PEUT NE PAS ÊTRE OPÉRABLE AU LASER
  2. 03CE QUE LE BILAN PRÉOPÉRATOIRE PERMET DE DÉPISTER
  3. 04CE QUE JE FAIS QUAND JE DÉCIDE DE NE PAS OPÉRER
  4. 05L’IMPLANT PHAQUE ICL
  5. 06LA CHIRURGIE DU CRISTALLIN AVEC IMPLANT
  6. 07LE KÉRATOCÔNE : SURVEILLER, STABILISER, CORRIGER
  7. 08UN NON AUJOURD’HUI N’EST PAS UN NON POUR TOUJOURS
  8. 09COMMENT SE PASSE L’ORIENTATION VERS UN CONFRÈRE
  9. 10LA CONSULTATION
  10. 11FAQ
  11. 12PRENDRE RENDEZ-VOUS

POURQUOI UN ŒIL PEUT NE PAS ÊTRE OPÉRABLE AU LASER

Les contre-indications de la chirurgie réfractive au laser

Le laser agit sur la cornée. Il en retire une fine épaisseur de tissu pour lui donner une nouvelle courbure. Cette logique impose ses propres limites : il faut assez de tissu, il faut que ce tissu soit sain et régulier, et il faut que le défaut à corriger tienne dans la marge disponible. Voici les situations que je rencontre le plus souvent.

Le kératocône, ou la simple suspicion de kératocône

C’est la première contre-indication, et de loin la plus importante. Le kératocône est une déformation progressive de la cornée, qui s’amincit et se bombe en cône. Un laser pratiqué sur une cornée prédisposée peut déclencher ou accélérer cette déformation. On parle alors d’ectasie postopératoire, et c’est l’effet indésirable que tout chirurgien réfractif cherche à éviter.

Les formes évoluées se reconnaissent facilement. Les formes débutantes, celles qui ne donnent encore aucun symptôme, demandent un œil entraîné : une asymétrie discrète entre les deux hémi-cornées, un amincissement localisé, une irrégularité de l’épithélium au-dessus d’une zone bombée, une face postérieure qui décroche légèrement. Mon parcours hospitalier en chirurgie cornéenne, avec plus de 350 greffes de cornée réalisées, m’a formé à repérer ces signes et à distinguer les vraies alertes des fausses.

Quand je vois un kératocône avéré, je n’opère pas au laser. Quand je vois une cornée simplement suspecte, sans certitude, je préfère temporiser et revoir le patient plutôt que de prendre le risque.

Une cornée trop fine pour la correction demandée

Une cornée mesure en moyenne 525 microns. Le seuil classique pour un LASIK est de 500 microns d’épaisseur préopératoire. En dessous, la TransPKR prend souvent le relais, puisqu’elle ne crée pas de capot et préserve davantage d’épaisseur.

L’épaisseur seule ne décide jamais de tout. Une cornée régulière à 490 microns peut être plus apte au laser qu’une cornée à 520 microns qui montre des irrégularités. Ce qui compte, c’est la combinaison de l’épaisseur, de la régularité, de la courbure et de la correction à retirer.

Un mur stromal résiduel insuffisant

Le mur stromal résiduel, c’est l’épaisseur de cornée intacte qui reste sous la zone traitée. C’est lui qui garantit la tenue mécanique de l’œil sur des dizaines d’années. En LASIK, on compte environ 110 microns pour le capot, puis environ 15 microns par dioptrie de myopie corrigée. Ce qui reste en dessous est le mur résiduel.

Les recommandations classiques fixent la limite à 280 microns. Ma limite personnelle est de 300 microns, volontairement plus stricte. Quand le calcul montre qu’on passerait sous cette barre, je ne fais pas de LASIK. Selon les cas, on bascule vers la TransPKR, qui économise le tissu du capot, ou on sort du laser.

Le « RST manager » de la plateforme Schwind, sur un cas réel anonymisé. Le logiciel part de l’épaisseur mesurée de la cornée (552 microns), retire l’épaisseur du capot (110 microns) puis la profondeur d’ablation nécessaire à la correction (134 microns), et affiche ce qu’il restera de mur stromal : 308 microns ici, au-dessus du seuil de sécurité. C’est ce calcul, fait pour chaque œil avant l’intervention, qui décide de l’opérabilité au LASIK.

Une correction trop forte pour l’épaisseur disponible

Plus la correction est élevée, plus le laser retire de tissu. À partir d’un certain niveau, la marge disponible ne suffit plus. Les seuils que j’applique à l’Institut Voltaire tournent autour de -10 dioptries pour la myopie, parfois jusqu’à -12 sur des cornées très épaisses, +7 à +8 dioptries pour l’hypermétropie, et -6 dioptries pour l’astigmatisme.

Entre les deux, il existe une zone où l’on peut choisir un compromis : traiter au maximum de ce que la cornée autorise et accepter un léger résiduel. Un myope à -12 pourra viser un résultat autour de -1, un hypermétrope à +7 un résultat autour de +1. Le gain reste considérable par rapport aux verres épais du départ. J’expose toujours ce compromis clairement, avec ses avantages et ses limites, et la décision se prend ensemble.

Une courbure cornéenne qui bloque

Chez l’hypermétrope, la limite vient surtout de la courbure. Le laser doit bomber la cornée, et il existe une limite au-delà de laquelle on ne va pas, aux alentours de 50 dioptries de courbure postopératoire. Une cornée déjà bombée au départ atteint cette limite plus vite. Chez le myope, c’est l’inverse : une cornée déjà très plate supporte mal d’être encore aplatie.

Une sécheresse oculaire sévère

Une sécheresse modérée ne contre-indique pas la chirurgie. Elle oriente le choix de la technique et le traitement postopératoire. Une sécheresse sévère, en revanche, avec une surface oculaire réellement altérée, doit d’abord être traitée. Larmes artificielles sans conservateur, gels lacrymaux le soir, parfois des comprimés de doxycycline quand il existe un terrain dermatologique associé. On réévalue ensuite. Il arrive que la situation redevienne compatible avec une chirurgie, souvent de surface plutôt qu’un LASIK.

Une pathologie de la rétine ou du cristallin

Le laser corrige la cornée. Il ne change rien à ce qui se trouve derrière. Une pathologie rétinienne évolutive, une rétinopathie diabétique non stabilisée, une lésion périphérique à traiter d’abord, imposent de reprendre le problème dans l’ordre. Le fond d’œil fait partie du bilan pour cette raison.

Le cristallin compte tout autant. À partir de la cinquantaine, il commence à perdre de sa transparence chez certains patients. Si un début de cataracte est présent, corriger la cornée au laser n’a plus beaucoup de sens : la gêne visuelle viendra du cristallin, et il faudra de toute façon l’opérer un jour. Autant traiter directement le bon étage de l’œil.

Une correction qui n’est pas stabilisée

On opère une correction stable. Chez un patient jeune dont la myopie a bougé sur les deux dernières années, je préfère attendre, revoir les mesures dans six mois ou un an, et décider ensuite.

Je nuance quand même cette notion de stabilité, parce qu’elle est souvent mal comprise. La stabilité parfaite n’existe pas vraiment. L’œil accommode, c’est-à-dire qu’il peut forcer pour voir de près et se créer une myopie transitoire, parfois même en vision de loin. Cinq examens dans la même journée peuvent donner des écarts d’une demi-dioptrie dans un sens ou dans l’autre. Ce que je cherche, c’est une tendance nette et documentée, pas un chiffre figé.

Le contexte médical général

Certaines situations demandent une évaluation prudente, au cas par cas, sans être des interdits absolus. Une maladie auto-immune évolutive avec atteinte de la surface oculaire, un antécédent d’herpès cornéen avec risque de réactivation, un diabète déséquilibré, un traitement immunosuppresseur en cours, un glaucome avancé. Je regarde chaque dossier pour ce qu’il est, et j’en discute avec le médecin qui vous suit quand c’est utile.

La grossesse est un cas à part. Les fluctuations hormonales peuvent modifier temporairement la réfraction, et je n’opère pas sur cette période, par précaution. L’allaitement, lui, ne pose pas de problème. Et vous n’avez pas à attendre d’avoir eu tous vos enfants pour vous faire opérer.

CE QUE LE BILAN PRÉOPÉRATOIRE PERMET DE DÉPISTER

Le bilan est ce qui décide, pas la correction inscrite sur vos lunettes

Aucune de ces contre-indications ne se voit à l’œil nu, et aucune ne se devine à partir de votre ordonnance de lunettes. Elles se dépistent avec des examens, tous réalisés pendant la consultation préopératoire, qui dure environ une heure.

Voici ce que chaque examen apporte à la décision.

ExamenCe qu’il permet de dépister
Topographie cornéenne (faces antérieure et postérieure)Kératocône débutant, asymétrie, irrégularité, déformation acquise
PachymétrieÉpaisseur cornéenne totale, marge disponible pour le traitement
Cartographie épithélialeAmincissement localisé de l’épithélium, signe précoce de fragilité
Calcul du mur stromal résiduelFaisabilité du LASIK, bascule vers la TransPKR, ou sortie du laser
KératométrieLimites de bombement ou d’aplatissement de la cornée
AberrométrieQualité optique de l’œil, programmation du traitement personnalisé
Examen de la surface oculaireSécheresse, terrain allergique, blépharite
Fond d’œil et rétinophotoPathologie rétinienne, lésions périphériques chez le fort myope
Examen du cristallinCataracte débutante, transparence du cristallin
Pression intraoculaireHypertonie, glaucome débutant
Interrogatoire sur les frottementsComportement à risque de déformation cornéenne

Je dis souvent en consultation que je ne cherche pas à confirmer qu’une cornée est opérable. Je cherche la moindre raison pour laquelle elle ne le serait pas. La chirurgie réfractive est une chirurgie de confort, et mon devoir est de la rendre aussi sûre que possible.

Le bilan préopératoire : tout savoir

Réf. : Randleman JB. et al., « Risk assessment for ectasia after corneal refractive surgery », Ophthalmology, 2008. Ambrósio R. Jr. et al., « Integration of Scheimpflug-based corneal tomography and biomechanical assessments », J Refract Surg, 2017.

CE QUE JE FAIS QUAND JE DÉCIDE DE NE PAS OPÉRER

Un refus expliqué, argumenté, et suivi d’une proposition

Il m’arrive de dire non. Je le dis clairement, sans détour et sans laisser planer de doute, parce qu’un patient qui repart avec une réponse floue va simplement aller chercher un oui ailleurs.

Je préfère ne pas opérer plutôt que de prendre le moindre risque pour vos yeux.

Je vous montre les examens

Quand la réponse est non, je vous mets les images sous les yeux. La topographie, la carte d’épaisseur, le calcul du mur résiduel. Je vous montre le point précis qui bloque et je vous explique ce qui se passerait si on passait outre. Cette transparence a une raison pratique : elle vous donne les éléments pour comprendre, et pour reconnaître un discours différent si vous consultez ailleurs.

Les cas limites passent en discussion collégiale

À l’Institut Laser Ophtalmologique Voltaire, je travaille avec d’autres chirurgiens spécialisés en chirurgie réfractive. Chaque semaine, nous discutons ensemble des dossiers qui posent question.

Cette concertation à trois voix change la nature de la décision. Quand nous sommes unanimes pour confirmer une opérabilité, vous pouvez avancer en confiance. Quand nous décidons de temporiser, c’est que la prudence l’exige, et ce n’est pas l’avis isolé d’un seul chirurgien.

Je vous propose une suite

Un refus sans proposition n’a pas grand intérêt. Selon la raison du refus, la suite prend une forme différente. Un implant phaque quand la correction dépasse les limites du laser ou quand la cornée ne peut pas être touchée. Une chirurgie du cristallin quand l’âge ou la cataracte l’indiquent. Un suivi rapproché et un travail sur les frottements quand la cornée montre des signes de fragilité. Un simple report quand la correction n’est pas encore stable.

Dans tous les cas, vous repartez avec une explication, une orientation, et la possibilité de me réécrire quand vous voulez.

Prendre rendez-vous sur Doctolib

L’IMPLANT PHAQUE ICL

L’ICL : une lentille placée à l’intérieur de l’œil, sans toucher à la cornée

L’implant phaque est la principale alternative au laser. On l’appelle couramment ICL, pour Implantable Collamer Lens, du nom du matériau souple et biocompatible dont il est fait.

Le principe

L’ICL est une lentille fine et souple, placée à l’intérieur de l’œil, en avant du cristallin naturel et derrière l’iris. Elle vient s’y loger dans un espace qui existe déjà, sans rien retirer. Le cristallin reste en place et continue de fonctionner normalement, ce qui explique le terme « phaque », qui signifie précisément que l’œil garde son cristallin.

La cornée n’est pas touchée. Aucun tissu n’est retiré, aucune courbure n’est modifiée, aucune épaisseur n’est consommée. C’est ce qui rend l’ICL possible là où le laser ne l’est plus.

La position de l’implant phaque dans l’œil. La cornée n’est ni découpée ni sculptée, elle reste telle qu’elle est. L’implant est glissé par une micro-incision de 3,2 millimètres, puis placé derrière l’iris, en avant du cristallin naturel qui est conservé et continue de fonctionner. Rien n’est retiré, et l’implant peut être enlevé si nécessaire.

Pour qui

L’ICL est une bonne réponse dans quatre situations principales.

Les fortes myopies. Au-delà d’environ -10 dioptries, le laser arrive au bout de ce que la cornée peut donner. L’ICL, elle, corrige des myopies bien plus élevées sans consommer de tissu cornéen. C’est l’indication la plus fréquente.

Les cornées trop fines. Quand l’épaisseur ou le mur stromal résiduel calculé ne permettent ni LASIK ni TransPKR, l’ICL contourne le problème en travaillant à l’intérieur de l’œil.

Les cornées qu’on préfère ne pas toucher. Une cornée un peu irrégulière, un profil qui inquiète, un antécédent qui rend une chirurgie cornéenne peu souhaitable.

Les corrections que le laser ne peut pas atteindre. Certains astigmatismes forts associés à une myopie élevée entrent dans ce cadre. Il existe des implants toriques, qui corrigent la myopie et l’astigmatisme en même temps.

L’ICL corrige aussi l’hypermétropie, mais avec une réserve importante que j’aborde plus bas.

Un point de méthode : quand la cornée est opérable au laser, je préfère le laser. Une chirurgie qui reste à l’extérieur de l’œil est toujours préférable à une chirurgie qui entre dedans, à résultat comparable. L’ICL prend tout son sens quand le laser n’est plus la bonne option, pas comme substitut de confort.

Le déroulement de l’intervention

L’intervention se fait au bloc, sous anesthésie générale. Une consultation d’anesthésie est programmée en amont, ce qui la distingue du laser cornéen où elle n’est pas nécessaire.

Le chirurgien réalise une micro-incision de 3,2 millimètres en périphérie de la cornée. L’implant, plié, est injecté par cette incision puis se déploie tout seul à l’intérieur de l’œil. Il est ensuite positionné derrière l’iris, dans son logement naturel. L’incision est si petite qu’elle se referme d’elle-même, sans point de suture.

Le geste dure quelques minutes par œil. Les deux yeux ne sont pas toujours opérés le même jour, cela dépend des habitudes du chirurgien et du dossier.

La récupération visuelle est rapide, souvent dès les premiers jours. Le traitement postopératoire par gouttes dure environ un mois. Passé ce délai, la vie reprend son cours normal, sport compris, plongée comprise. La seule recommandation qui persiste vaut d’ailleurs pour tout le monde, opéré ou non : éviter les coups violents sur l’œil.

La qualité de vision

C’est un des points forts de l’ICL, et j’en parle sans détour aux patients qui hésitent entre un laser à correction partielle et un implant. L’implant ne provoque ni haze, cette opacité légère qui peut suivre une chirurgie de surface sur forte correction, ni régression liée à la cicatrisation. La qualité optique obtenue sur une forte myopie est souvent très belle. Et si la myopie devait évoluer plus tard, une correction complémentaire au laser resterait envisageable.

En face, il existe un petit risque intraoculaire, que je détaille plus bas. Aucune option n’est parfaite, et le choix se discute dossier par dossier.

La réversibilité

L’implant est conçu pour rester en place toute la vie, ou du moins jusqu’à l’apparition d’une cataracte. Il peut aussi être retiré, ce qui n’est pas le cas d’un traitement laser. Cette réversibilité rassure beaucoup de patients, et elle est réelle, même si le retrait reste une éventualité rare, réservée aux situations où l’implant pose problème.

Le jour où une cataracte apparaîtra, l’implant sera retiré pendant la chirurgie du cristallin, qui remplacera alors les deux fonctions.

Le suivi

Un contrôle annuel est recommandé après la pose d’un implant phaque. On y vérifie la pression intraoculaire, la position de l’implant, l’état du cristallin et celui de la rétine. C’est un suivi léger, mais il ne doit pas être abandonné.

Chez le fort myope, ce suivi rétinien est important pour une autre raison. Corriger la vision ne change pas la structure de l’œil. Une rétine de fort myope reste plus fine et plus étirée après l’opération, et elle mérite un fond d’œil régulier.

Les limites de l’ICL

La profondeur de la chambre antérieure. Il faut de la place à l’intérieur de l’œil pour loger l’implant sans qu’il vienne au contact du cristallin ou gêner la circulation de l’humeur aqueuse. Cet espace se mesure précisément avant l’intervention. Quand il est insuffisant, l’implant n’est pas posé.

Ce point explique pourquoi l’ICL est plus souvent proposée aux myopes qu’aux hypermétropes. Le myope fort a un œil allongé, où l’espace est généralement suffisant. L’hypermétrope a par définition un œil plus court, avec une chambre antérieure souvent plus étroite. Il arrive donc qu’un hypermétrope fort ne relève ni du laser ni de l’implant phaque. C’est rare, et la transparence exige de le dire. La seule option devient alors la chirurgie du cristallin, généralement envisagée à partir de la cinquantaine.

La densité endothéliale. L’endothélium est la couche la plus interne de la cornée. Ses cellules ne se renouvellent pas, et leur nombre diminue naturellement au fil de la vie. Toute chirurgie intraoculaire en consomme un peu. On compte donc ces cellules avant l’intervention, et on n’implante pas un œil dont le capital endothélial est déjà bas.

L’âge. L’ICL s’adresse plutôt au sujet jeune, dont le cristallin est parfaitement transparent. Passé un certain âge, quand le cristallin commence à s’opacifier ou que la presbytie s’installe franchement, la chirurgie du cristallin devient plus logique. Poser un implant phaque pour retirer le cristallin quelques années plus tard a peu d’intérêt.

Les risques spécifiques. Une hypertension oculaire peut survenir, le plus souvent contrôlable par un traitement. Une cataracte peut apparaître plus précocement. Il existe, comme pour toute chirurgie intraoculaire, un risque infectieux très faible mais réel. Ces complications restent minimes quand l’évaluation préopératoire est rigoureuse, et c’est précisément le rôle du bilan que de les anticiper.

Le tarif

Le tarif d’une chirurgie par implant phaque dépend du chirurgien, du prix des implants et du plateau technique de la clinique. Je ne l’affiche pas ici, parce qu’il ne dépend pas de moi et qu’un chiffre approximatif ne vous rendrait pas service. Il vous est communiqué par le confrère qui prend le dossier, sous forme d’un devis détaillé que vous pourrez transmettre à votre mutuelle.

Tarifs détaillés, devis et remboursements mutuelles

LA CHIRURGIE DU CRISTALLIN AVEC IMPLANT

Quand la solution se trouve dans le cristallin, pas dans la cornée

Le cristallin est la lentille interne de l’œil, celle qui permet la mise au point. Il se rigidifie avec les années, ce qui donne la presbytie vers 42-45 ans, puis il perd progressivement sa transparence, ce qui donne la cataracte, en général après 60-65 ans.

Quand ce cristallin devient le problème principal, il n’y a pas de raison d’aller travailler sur la cornée. On le remplace par un implant, et on corrige la vision en même temps.

Dans quelles situations

La cataracte, même débutante. Si le bilan montre un cristallin qui commence à s’opacifier de façon significative, un traitement laser cornéen perdrait rapidement son intérêt : la gêne visuelle continuerait de progresser pour son propre compte. La chirurgie du cristallin traite alors la cause, et l’implant choisi corrige la myopie, l’hypermétropie et l’astigmatisme au passage.

L’âge, chez le presbyte. Passé 55 ou 60 ans, quand la presbytie est installée et qu’une cataracte se profile, opérer le cristallin permet de régler les deux sujets en une fois. Cette intervention ne se fait qu’une seule fois dans une vie, puisque le cristallin remplacé ne s’opacifie plus jamais.

Les corrections extrêmes sans autre solution. C’est le cas de l’hypermétrope fort dont la chambre antérieure est trop étroite pour un implant phaque. La chirurgie du cristallin, appelée alors chirurgie du cristallin clair, devient la seule voie possible.

Les implants disponibles

Le choix de l’implant compte autant que le geste chirurgical. Il se discute avec le chirurgien qui opère, en fonction du mode de vie et des attentes.

Type d’implantCe qu’il apporte
MonofocalUne seule distance nette, en général la vision de loin. Lunettes de lecture nécessaires ensuite.
Monofocal toriqueMême principe, avec correction de l’astigmatisme.
À profondeur de champ augmentéeUne plage de vision continue de loin à intermédiaire, avec un bon confort et peu d’effets lumineux. Souvent un excellent compromis.
MultifocalPlusieurs foyers, vision de loin et de près sans lunettes dans la plupart des situations, avec des halos plus fréquents les premiers mois.

Il existe aussi des versions toriques de la plupart de ces implants, pour traiter un astigmatisme associé.

Comment cela se passe

L’intervention se fait au bloc opératoire, sous anesthésie locale, après une consultation d’anesthésie. Le chirurgien retire le cristallin opacifié par une micro-incision et met l’implant à sa place. La récupération visuelle est rapide et le traitement postopératoire dure environ un mois.

Là encore, le tarif dépend du chirurgien, du type d’implant retenu et de la clinique. La part liée à la cataracte relève de la Sécurité sociale, tandis que les implants dits premium et la correction de l’astigmatisme laissent un reste à charge variable. Le devis vous est remis avant l’intervention.

La chirurgie du cristallin fait partie de ce que j’ai appris et pratiqué, et je réponds volontiers à vos questions dessus en consultation. Je ne la pratique plus en routine : je consacre tout mon temps au laser. Quand un dossier relève du cristallin, je transmets vos examens et mon analyse à un confrère dont c’est le cœur de pratique, et je reste dans la boucle.

LE KÉRATOCÔNE : SURVEILLER, STABILISER, CORRIGER

Ce qu’on fait quand le bilan découvre un kératocône

Découvrir un kératocône en venant demander un laser est une nouvelle difficile à entendre. Beaucoup de patients l’apprennent exactement comme ça, à l’occasion d’un bilan de chirurgie réfractive. C’est aussi une chance : plus le diagnostic est précoce, plus la prise en charge est simple.

Je sépare toujours les choses en deux parties presque indépendantes : contrôler l’évolution d’un côté, corriger la vision de l’autre. Les confondre est la source de la plupart des malentendus.

Contrôler l’évolution : d’abord les frottements

L’élément le plus important de toute la prise en charge du kératocône, c’est l’arrêt des frottements oculaires. Les frottements chroniques sont l’une des causes principales de déformation cornéenne.

Je cherche systématiquement les gestes en cause, et ils ne sont pas toujours conscients. Le frottement du matin au réveil. Les démangeaisons liées à une allergie, qui déclenchent le geste plusieurs fois par jour. Le sommeil sur le ventre, la tête enfoncée dans l’oreiller. La main ou le coude appuyé sous l’œil pendant la nuit. Une fois ces comportements identifiés et corrigés, il est très rare qu’un kératocône continue de progresser.

Quand une allergie entretient les démangeaisons, on la traite. C’est souvent ce qui permet d’arrêter réellement de se frotter les yeux, plutôt que d’essayer de résister par la seule volonté.

La surveillance topographique

Le suivi repose sur des topographies répétées et comparables. Un point technique a son importance : mieux vaut refaire les examens sur la même machine, sinon les écarts de mesure entre appareils rendent la comparaison douteuse. J’ai vu beaucoup de fausses évolutions qui n’étaient que des variations de machine.

Le rythme habituel est un contrôle tous les six mois au début, puis espacé si la situation reste stable.

Le cross-linking

Le cross-linking consiste à faire réagir la cornée avec de la riboflavine et des UV pour créer des liaisons supplémentaires entre ses fibres, et donc la rigidifier. L’objectif est de stopper la progression, pas d’améliorer la vision.

C’est une technique très débattue. Certains y sont opposés, d’autres la pratiquent chez presque tout le monde. En pratique, je la retiens surtout chez les patients jeunes, avant 25 ans, parce que c’est là que le kératocône évolue le plus vite et que le bénéfice est le plus net. C’est encore plus vrai chez un adolescent qui n’appliquera pas vraiment les consignes sur les frottements. Passé cet âge, sur une forme stable et chez quelqu’un qui a compris le mécanisme et qui a réellement arrêté de se frotter les yeux, je suis plus réservé et je préfère surveiller. Et si une progression est démontrée par des comparaisons topographiques fiables malgré l’arrêt des frottements, l’indication devient légitime quel que soit l’âge.

Quand un cross-linking est indiqué, je vous adresse à un confrère ou à un service hospitalier qui le pratique régulièrement, et je vous revois ensuite. Il faut savoir que la cornée bouge encore pendant plusieurs mois après un cross-linking, ce qui impose d’attendre au moins quatre à six mois avant de reparler de correction.

Corriger la vision d’un kératocône

La correction se discute séparément, et plusieurs options coexistent.

Les lunettes, quand la déformation reste modérée et que l’acuité corrigée est bonne.

Les lentilles rigides, qui restent la meilleure solution optique dans beaucoup de kératocônes. La lentille rigide recrée une surface régulière devant la cornée déformée, et le gain visuel par rapport aux lunettes est souvent important. C’est fréquemment la première option que je propose.

Les anneaux intracornéens, de petits segments insérés dans l’épaisseur de la cornée pour la régulariser partiellement. Cette chirurgie relève de confrères spécialisés dans le kératocône, vers lesquels je vous adresse quand l’indication est posée.

Le laser topoguidé, dans des cas choisis. J’ai traité au laser des patients porteurs de kératocônes peu évolués, avec de très bons résultats. Ce n’est envisageable que sur des formes stables et peu déformées, souvent après un cross-linking préalable. Le profil de traitement est calculé sur mesure : j’envoie les examens au laboratoire Schwind, qui réalise une simulation, et c’est cette réponse qui dit si le traitement vaut la peine d’être entrepris. Cette démarche prend quelques semaines et demande parfois des mesures complémentaires à l’Institut Voltaire.

L’abstention, enfin, qui est une vraie option. Si la vision binoculaire vous convient au quotidien et que l’œil le plus atteint ne vous gêne pas réellement, ne rien faire est un choix raisonnable, à condition de maintenir la surveillance.

UN NON AUJOURD’HUI N’EST PAS UN NON POUR TOUJOURS

Certaines réponses négatives ont une date de péremption

Toutes les contre-indications ne se valent pas. Certaines sont structurelles et ne bougeront pas. D’autres tiennent à un moment de votre vie ou à un paramètre qu’on peut modifier.

Une correction qui n’est pas encore stable

C’est le cas le plus fréquent chez les patients de 18 à 24 ans. La myopie a bougé récemment, et j’estime qu’il vaut mieux attendre. On refait le point six mois ou un an plus tard, avec des mesures comparables, et il arrive souvent que la réponse devienne oui. Attendre un peu n’enlève rien au résultat final.

Une cornée fragilisée par les frottements

Quand la topographie montre une irrégularité liée à des frottements chroniques, arrêter réellement de se frotter les yeux peut suffire à stabiliser la situation. Après quelques mois de suivi et des topographies qui ne bougent plus, une chirurgie peut redevenir envisageable, souvent en TransPKR plutôt qu’en LASIK. L’âge joue aussi : la cornée se rigidifie avec les années, et j’accepte plus facilement d’opérer une cornée limite à 32 ans qu’à 20 ans.

Une surface oculaire à traiter d’abord

Une sécheresse marquée, une blépharite, une allergie mal contrôlée sont des situations qui se traitent. On soigne, on attend, on réévalue. Beaucoup de patients qui repartent avec un traitement de surface reviennent quelques mois plus tard dans de bien meilleures conditions.

Une grossesse en cours

Le report est temporaire, et il relève surtout du principe de précaution. Des patientes ont été opérées sans savoir qu’elles étaient enceintes, et les séries publiées sur ces cas ne montrent pas de complication supplémentaire. Les données restent peu nombreuses, alors je préfère m’en tenir à cette règle simple : on décale de quelques mois, et rien n’est perdu.

Ce qui, en revanche, ne changera pas

Un kératocône avéré ne redeviendra pas une cornée normale. Une cornée structurellement trop fine ne s’épaissira pas. Dans ces situations, l’attente n’apporte rien, et c’est vers les alternatives qu’il faut regarder.

Je vous dis toujours dans quelle catégorie se trouve votre dossier. Un « revenez dans un an » et un « ce ne sera pas possible au laser » sont deux réponses différentes, et vous obtiendrez mon avis le plus honnête possible.

Un mot sur les zones grises

Tous les dossiers ne tombent pas d’un côté ou de l’autre. Certains ont des critères limites : une cornée un peu fine mais parfaitement régulière, une topographie asymétrique sans autre signe, un antécédent de frottements arrêtés depuis deux ans. Là, il n’y a pas de seuil qui tranche à votre place.

Ce qui décide, c’est la somme : la surveillance dans le temps, l’avis de mes collègues de l’Institut quand je veux un deuxième regard, votre âge, et ce que la chirurgie représente vraiment pour vous. On en discute, et la décision se prend au cas par cas.

C’est aussi dans ces dossiers-là que deux chirurgiens peuvent ne pas dire la même chose. Quand c’est le cas, je vous le dis, et je vous explique quels avis vous pourriez entendre ailleurs et sur quoi ils reposent. Vous saurez au moins que la divergence porte sur une appréciation, et pas sur un fait.

Prendre rendez-vous sur Doctolib

COMMENT SE PASSE L’ORIENTATION VERS UN CONFRÈRE

Comment je transmets un dossier à un confrère

Les chirurgies intraoculaires, implant phaque comme chirurgie du cristallin, se déroulent dans un cadre différent du laser cornéen : bloc conventionnel, consultation d’anesthésie, commande d’implants auprès d’un laboratoire, gestion de la prise en charge. Devant la demande en chirurgie réfractive au laser, j’ai choisi de m’y consacrer entièrement, et pour ces interventions je m’appuie sur mes collègues de l’Institut Voltaire, dont c’est le cœur de pratique.

Vous adresser à quelqu’un ne veut pas dire vous laisser vous débrouiller.

Ce que je transmets

Le confrère reçoit votre dossier complet, avec les examens réalisés à l’Institut Voltaire et mon analyse : ce que j’ai trouvé, pourquoi le laser n’est pas la bonne option, et ce qui me paraît adapté à votre cas. Vous n’avez pas à tout réexpliquer depuis le début, et il n’y a pas de raison de refaire l’intégralité des examens. C’est l’avantage de travailler à l’Institut Voltaire : vous revenez souvent quelques jours plus tard au même endroit, voir un autre chirurgien qui a déjà tout votre dossier dans notre base.

Ce que vous gardez

Vous gardez mon contact. Vous pouvez me réécrire par la messagerie Doctolib ou par email pour une question sur ce qui vous a été proposé, sur un devis, ou sur une inquiétude avant l’intervention. Je réponds personnellement à mes patients.

Beaucoup de patients m’écrivent pour un deuxième avis avant de s’engager dans une chirurgie proposée ailleurs. Je le fais volontiers, et je le dis quand je suis d’accord avec ce qui a été proposé, ce qui est le cas le plus souvent.

Ce que je continue de suivre

Je reste joignable sur le dossier. Vous pouvez me réécrire pour un avis avant ou après l’intervention, et je réponds. Le suivi lui-même est assuré par le chirurgien qui vous opère, c’est plus simple et plus sûr pour vous.

LA CONSULTATION

Venir en consultation pour savoir où vous en êtes

La seule façon de savoir si vos yeux sont opérables, et par quelle technique, c’est de faire le bilan. Cela vaut aussi pour ceux à qui on a déjà dit non ailleurs, ou qui pensent ne pas être opérables sans jamais avoir eu d’examen complet.

Le tarif

La consultation se fait au tarif conventionné. Ce qui change selon le lieu, c’est le dépassement éventuel et l’avance de frais.

LieuAvance de fraisPrécisions
Paris 10e, Centre Santé Plus0 €Tiers payant intégral avec carte vitale et mutuelle. Vous n’avancez rien.
Paris 19e, Cabinet Ophtavie0 €Tiers payant intégral avec carte vitale et mutuelle. Vous n’avancez rien.
Institut Voltaire, Paris 11e50 €Avance de 50 €, dont 30 € de dépassement d’honoraires. Votre mutuelle vous rembourse au minimum 20 €, et souvent la totalité selon votre contrat.

Pas besoin de courrier

Vous n’avez besoin ni de courrier d’un ophtalmologue, ni d’ordonnance pour prendre rendez-vous. Vous réservez directement sur Doctolib ou par téléphone.

Si vous avez déjà des examens, des topographies notamment, apportez-les. Ils sont utiles pour comparer dans le temps, surtout dans le suivi d’un kératocône.

Et les tarifs des alternatives

Je ne donne pas de tarif pour l’implant phaque ni pour la chirurgie du cristallin, parce qu’ils ne dépendent pas de moi. Ils varient selon le chirurgien, le type d’implant et le plateau technique de la clinique. Un devis détaillé vous est remis avant toute intervention, à transmettre à votre mutuelle.

Les tarifs de mes interventions au laser, eux, sont fixes et affichés : 3 200 € pour un LASIK, 2 800 € pour une TransPKR, 3 800 € pour un SMILE, 1 800 € par œil pour un PresbyLASIK soit 3 600 € les deux yeux.

Tarifs détaillés, devis et remboursements mutuelles

Questions fréquentes

Vos questions quand le laser n’est pas possible

Que se passe-t-il si je ne suis pas opérable au laser des yeux ?

Je vous explique précisément ce qui bloque, examens à l’appui, et je vous présente les alternatives. Pour les corrections qui dépassent les limites du laser ou pour les cornées qu’on ne peut pas toucher, l’implant phaque ICL est souvent la bonne réponse. Quand l’âge ou une cataracte débutante entrent en jeu, c’est la chirurgie du cristallin. Pour une cornée en cours de fragilisation, on peut parfois stabiliser la situation et réexaminer la question plus tard. Dans tous les cas, je préfère ne pas opérer plutôt que de prendre le moindre risque pour vos yeux.

Qu’est-ce qu’un implant phaque ICL ?

C’est une lentille fine et souple, placée à l’intérieur de l’œil, en avant du cristallin naturel et derrière l’iris. Elle corrige la myopie, l’hypermétropie et l’astigmatisme sans toucher à la cornée et sans retirer de tissu. Le cristallin reste en place et continue de fonctionner. L’intervention se fait au bloc, sous anesthésie générale, par une micro-incision de quelques millimètres. C’est la principale alternative au laser pour les fortes corrections et les cornées fines.

À partir de quelle correction faut-il un implant plutôt qu’un laser ?

Au-delà d’environ -10 dioptries de myopie, le laser atteint les limites de ce que la cornée peut donner. Sur une cornée très épaisse, on peut parfois aller jusqu’à -12. Au-delà, l’implant phaque devient la meilleure option. Le chiffre n’est cependant qu’un repère : la vraie décision se prend en croisant la correction avec l’épaisseur cornéenne, la régularité de la cornée et le mur stromal résiduel calculé.

L’implant ICL est-il réversible ?

Oui. L’implant est conçu pour rester en place toute la vie, ou du moins jusqu’à l’apparition d’une cataracte, mais il peut être retiré si nécessaire. C’est une différence réelle avec le laser, qui modifie la cornée de façon durable. Le retrait reste une éventualité rare, réservée aux situations où l’implant pose problème, une hypertension oculaire non contrôlable par exemple.

Est-ce que l’implant ICL se voit ou se sent dans l’œil ?

Non. L’implant est transparent et placé derrière l’iris, donc invisible de l’extérieur. Il ne se sent pas non plus : aucun nerf ne le perçoit une fois la période postopératoire passée. Les patients implantés oublient sa présence.

Peut-on faire du sport avec un implant phaque ?

Oui. Après environ un mois de récupération, toutes les activités reprennent, y compris la plongée. La pression de l’eau ne pose pas de problème particulier. La seule recommandation qui persiste vaut pour tout le monde, opéré ou non : éviter les coups violents directement sur l’œil.

Quel est le prix d’une opération par implant ICL à Paris ?

Le tarif dépend du chirurgien, du prix des implants et du plateau technique de la clinique où se fait l’intervention. Je ne l’affiche pas ici parce qu’il ne dépend pas de moi et qu’un ordre de grandeur approximatif ne vous rendrait pas service. Le confrère qui prend le dossier vous remet un devis détaillé, que vous pouvez transmettre à votre mutuelle pour connaître votre prise en charge.

J’ai un kératocône. Puis-je quand même être opéré pour corriger ma vue ?

Pas au LASIK, dans aucun cas : le laser avec capot peut aggraver la déformation. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a rien à faire. La prise en charge se joue sur deux plans indépendants. Le contrôle de l’évolution passe avant tout par l’arrêt des frottements oculaires, parfois par un cross-linking. La correction de la vision passe par les lunettes, les lentilles rigides, parfois les anneaux intracornéens, et dans des cas choisis de kératocône peu évolué et stable, par un traitement laser topoguidé sur mesure. On fait le point ensemble avec des topographies récentes.

Le cross-linking est-il systématique en cas de kératocône ?

Non, et c’est une technique débattue entre spécialistes. Certains l’appliquent à presque tous les patients, d’autres beaucoup plus rarement. Je la retiens surtout chez les patients jeunes, avant 25 ans, parce que c’est à cet âge que le kératocône évolue le plus, et plus encore chez un adolescent qui n’appliquera pas les consignes sur les frottements. Chez un adulte qui a compris le mécanisme et qui arrête réellement de se frotter les yeux, je suis plus réservé : il est rare qu’un kératocône progresse quand tous les facteurs de frottement disparaissent. Si une progression est démontrée par des topographies comparables malgré tout, l’indication devient légitime.

Les frottements des yeux peuvent-ils vraiment abîmer une cornée ?

Oui. Les frottements chroniques sont l’une des causes principales de déformation cornéenne et de kératocône acquis. Le geste n’est pas toujours conscient : frottement au réveil, démangeaisons allergiques, sommeil sur le ventre avec la tête dans l’oreiller, main ou coude appuyé sous l’œil la nuit. Identifier ces habitudes et les modifier suffit parfois à stabiliser une cornée fragile, et à rendre une chirurgie envisageable après quelques mois de suivi.

Ma cornée est trop fine pour un LASIK. Cela veut-il dire que je ne peux rien faire ?

Pas du tout. Le seuil classique de 500 microns concerne le LASIK, qui consomme de l’épaisseur pour créer un capot. La TransPKR, qui n’en crée pas, permet d’opérer des cornées plus fines. C’est même son indication la plus fréquente. Quand ni l’une ni l’autre n’est possible, l’implant phaque prend le relais. Ce qui compte n’est jamais l’épaisseur seule, mais l’ensemble formé par l’épaisseur, la régularité et la correction à traiter.

J’ai un début de cataracte. La chirurgie réfractive au laser est-elle encore possible ?

Si le cristallin est encore transparent et la cornée saine, le laser reste une bonne option. Si le bilan montre une cataracte débutante significative, un traitement cornéen perd son intérêt, puisque la gêne visuelle continuera de venir du cristallin. On envisage alors une chirurgie du cristallin avec implant, qui corrige la vision et traite la cataracte en une seule fois. Cette intervention est réalisée par des confrères spécialisés, à qui je transmets le dossier.

On m’a dit non pour une opération au laser ailleurs. Est-ce que ça vaut le coup de prendre un deuxième avis ?

Oui, cela arrive régulièrement et c’est une consultation que je fais volontiers. Les critères d’opérabilité ne sont pas identiques d’un chirurgien à l’autre, et surtout tous les centres ne disposent pas des mêmes techniques : une cornée refusée pour un LASIK peut être parfaitement opérable en TransPKR. Il arrive aussi que je confirme le refus, et je le dis alors avec les mêmes arguments. Apportez vos examens précédents si vous en avez.

Peut-on opérer une forte myopie de -12 dioptries ?

Cela dépend de votre cornée. Sur une cornée épaisse et régulière, un traitement laser est parfois possible jusqu’à ce niveau, éventuellement avec un compromis : on traite au maximum de ce que la cornée autorise, en acceptant un léger résiduel de l’ordre de -1 dioptrie. Le gain reste considérable par rapport au départ. Quand la cornée ne le permet pas, l’implant phaque est la solution, et il donne une très belle qualité de vision sur ces corrections élevées.

Vaut-il mieux un laser des yeux à correction partielle ou un implant ?

C’est une vraie question, et je la pose telle quelle aux patients concernés. Le laser de surface reste possible avec une correction partielle si la cornée est régulière, mais il expose à un résiduel, à une possible régression sur les fortes corrections, et il ne laissera pas beaucoup de marge pour une reprise. L’implant donne une qualité optique supérieure sur ces corrections, sans haze ni régression, avec la possibilité d’un complément au laser plus tard. En face, il comporte un petit risque intraoculaire. Il n’y a pas de réponse unique, et le choix vous appartient une fois que vous avez tous les éléments.

Mon hypermétropie est trop forte pour le laser. L’implant est-il possible ?

Pas toujours, et il faut le dire franchement. L’implant phaque a besoin d’un espace suffisant à l’intérieur de l’œil pour être posé. Le myope fort a un œil allongé où cet espace existe généralement. L’hypermétrope a par définition un œil plus court, avec une chambre antérieure souvent plus étroite. Il arrive donc qu’un hypermétrope fort ne relève ni du laser ni de l’implant phaque. Dans ce cas, la seule voie possible est la chirurgie du cristallin, généralement envisagée à partir de la cinquantaine.

Faut-il un courrier ou une ordonnance pour consulter au sujet d’un implant ICL ou d’une alternative au laser ?

Non. Pas besoin de courrier d’un autre ophtalmologue, pas besoin d’ordonnance. Vous prenez rendez-vous directement sur Doctolib ou par téléphone. La consultation se fait au tarif conventionné, sans dépassement d’honoraire, en tiers payant intégral dans les cabinets du 10e et du 19e. À l’Institut Voltaire (11e), un dépassement de 30 € s’applique.

Si vous ne m’opérez pas au laser, qui va suivre mon dossier ?

Moi, si vous le souhaitez. Quand j’adresse un patient à un confrère pour une chirurgie intraoculaire, je transmets le dossier complet avec mon analyse, et je reste disponible pour donner mon avis avant comme après l’intervention. Vous pouvez me réécrire à tout moment par la messagerie Doctolib ou par email.

PRENDRE RENDEZ-VOUS

Savoir ce qui est possible pour vos yeux

La première étape est la même pour tout le monde : une consultation avec un bilan complet, pour savoir où vous en êtes. Vous repartez avec une réponse claire, opérable ou non, par quelle technique, avec quel résultat attendu. Il n’y a ni engagement ni pression.

Je consulte sur trois lieux à Paris :

  • Institut Laser Ophtalmologique Voltaire, 5 rue La Vacquerie, 75011 Paris (mercredis après-midi). Métro Voltaire (9), Philippe Auguste (2).
  • Cabinet Ophtavie, 37 rue Archereau, 75019 Paris (lundis après-midi). Métro Crimée (7).
  • Centre Santé Plus, 12 rue du Faubourg Saint-Martin, 75010 Paris (jeudis après-midi). Métro Strasbourg-Saint-Denis (4, 8, 9).

Le bloc opératoire laser se fait le vendredi matin à l’Institut Voltaire, parfois le mercredi après-midi.

Prendre rendez-vous sur Doctolib

Téléphone et WhatsApp : 01 84 80 28 04 · Email : nahaisi@laservisionparis.com · Messagerie Doctolib

Télécharger le livret explicatif (PDF)

« Je n’opère pas des yeux, j’opère des patients. »

Dr Steven Nahaisi, chirurgien ophtalmologue à Paris, spécialiste du LASIK et de la chirurgie réfractive.

Auteur : Dr Steven Nahaisi, chirurgien ophtalmologue, spécialiste de la chirurgie réfractive au laser, Institut Laser Ophtalmologique Voltaire, Paris 11e. Mis à jour en août 2026.


Votre chirurgien

Dr Steven Nahaisi

Chirurgien ophtalmologue, exclusivement spécialisé en chirurgie réfractive au laser. Il opère à Institut Laser Ophtalmologique Voltaire et consulte dans trois cabinets parisiens.

Dr Steven Nahaisi, Chirurgien ophtalmologue
Prendre rendez-vous